VITRAUX ET TABLEAUX
Dans le chœur de l’église de VENDRENNES, on peut découvrir 7 VITRAUX :
- au centre : la Vierge Marie, dans son Assomption.
Représentée montant au ciel sur un nuage, recueillie, les bras croisés sur la poitrine. Conçue sans péchés, elle ne connaîtra pas la corruption de son corps. Elle accède directement au ciel avec son corps glorifié. Première créature ressuscitée, elle rejoint le Christ. Le dogme de l’Assomption a été proclamé par le pape Pie XII, le 1er novembre 1950. Le peuple chrétien vénérait Marie montée au ciel avec son corps et son âme, bien avant la proclamation du dogme, en particulier dans cette église de Vendrennes.


- de chaque côté, à gauche St Joseph, époux de la Vierge Marie.
Représenté debout, recueilli, un lys à la main. Le lys blanc symbole de l’amour et de la pureté. Il a cru à la vocation de Marie qui portait en elle le Messie fruit de l’Esprit-Saint. À la suite d’un songe, il a accepté de prendre chez lui Marie comme son épouse. Ensemble, ils ont élevé Jésus le Fils de Dieu et Fils de Marie. Homme juste, humble et d’une grande foi, il est vénéré comme le protecteur de l’Église.
et à droite l’apôtre St Jean
Représenté tenant à la main une coupe d’où sort un petit dragon, symbole du venin. « Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal. » Mc 16,17-18. Disciple de Jésus, il est choisi comme apôtre ainsi que son frère Jacques, tous deux pêcheurs du lac de Galilée. Il a été le seul apôtre au pied de la Croix. Sur la croix, Jésus lui a confié sa Mère et lui indique qu’elle devient maintenant sa mère et, à travers lui, la Mère de l’Église.
puis : Sainte Marguerite d’Antioche, vierge et martyre.

Représentée avec une croix et la palme du martyr dans la main droite et tenant en laisse dans la main gauche un dragon en forme de chien ailé.
Cette vierge et martyre a vécu en Turquie actuelle au IIIème siècle (†305). Elle est invoquée pour la délivrance de femmes enceintes. En effet la légende raconte qu’elle est sortie indemne du ventre du dragon qui l’avait engloutie. Marguerite, avec Michel Archange et Catherine d’Alexandrie, fait partie de la triade des saints qui apparut à Jeanne d’Arc pour lui assigner une double mission : couronner le dauphin et bouter les Anglais hors de France.
En bas du vitrail, 2 blasons : l’un de la famille de Chabot (3 poissons) et l’autre de la famille du Buat en rapport à Mme de Chabot, née Marguerite du Buat et surmontés de la couronne de Marquis.
Saint Augustin, évêque d’Hippone.

Représenté avec sa crosse et sa mitre, les attributs de l’évêque, un livre dans la main gauche, enseignant de la main droite.
Converti à l’âge de 28 ans, il est baptisé par l’évêque Ambroise à Milan. Revenu en Afrique du Nord, il devient prêtre puis évêque. Il écrit le livre des Confessions, où il raconte comment il a été conduit sur le chemin de la foi. Il fera beaucoup de commentaire de la Bible, pour montrer que nous ne pouvons rencontrer Dieu que par des grâces accordées gratuitement. Il a été un grand inspirateur de tout le Moyen Âge.
Vitrail choisi sans doute en rapport avec Auguste de Chabot. En dessous, le blason de la famille De Chabot, surmonté d’une couronne de Marquis.
Sainte Magdeleine, disciple de Jésus.

Représentée en marche vers le tombeau de Jésus, la main droite tenant une mèche de ses longs cheveux, – faisant allusion au fait qu’elle ait été libérée par Jésus de 7 démons – et dans la main gauche tenant un vase pour embaumer le corps de Jésus.
Les quatre évangélistes la désignent, – au sein du groupe de femmes qui accompagnent Jésus, y compris la mère de Jésus-, comme la première à témoigner du tombeau vide et de la résurrection de Jésus. Magdeleine est appelée pour cela « l’apôtre des apôtres ».
En dessous, 2 blasons surmontés du casque et de la couronne de Marquis : le 1er blason est celui de la famille De Vivonne entouré de la devise, « Malo mori quam foedari / Je préfère mourir que d’être déshonoré » « le 2ème est inconnu pour l’instant. Ces blasons sont sans doute en rapport avec les ascendants dans la famille De Chabot.
Saint René, évêque d’Angers.

Représenté avec sa crosse et sa mitre, les attributs de l’évêque. Il tient la crosse de la main gauche et enseigne de la main droite.
Il serait mort juste avant son baptême ; l’évêque Maurille, évêque d’Angers, célèbre pour ses nombreux miracles, l’aurait rendu à la vie ; d’où le nom de Re-né. L’évêque l’aurait pris à son service. À la mort de l’évêque Maurille, il serait devenu l’évêque d’Angers. Des études approfondies au XVIIème siècle ont montré que c’est un récit légendaire.
Le blason de la famille De Vivonne est surmonté du casque et de la couronne de Marquis.
Dans le transept, on peut découvrir 4 VITRAUX :
SAINT PIERRE ET SAINT PAUL.

Saint Pierre est représenté les cheveux abondants et la barbe blanche, tenant les clés du Royaume des cieux dans la main droite et l’Évangile avec les paroles « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église ».
Saint Paul est représenté avec une abondante barbe noire, tenant dans la main droite l’épée qui a un double sens, d’une part symbole de la parole de Dieu qui est comme un glaive, d’autre part comme l’instrument de sa mort, puisqu’étant citoyen romain, il a été décapité ; dans la main gauche il tient les lettres envoyées aux églises qu’il a visitées.
Ce vitrail indique que la communauté de Vendrennes voulait montrer sa communion avec le pape, à un moment où, en France, il y avait des courants qui auraient voulu une Église gallicane cherchant une indépendance vis-à-vis de Rome. Ce vitrail de St Paul rappelle la dimension missionnaire d’une Église au service de tous les peuples vus comme égaux en dignité. (Abolition officielle de l’esclavage en 1848)
SAINTE ANNE ET SAINT JOACHIM

D’après le Protévangile de Jacques et l’Évangile du Pseudo-Matthieu (textes non canoniques), ce sont les parents de la Vierge Marie. Sainte Anne est très vénérée dans le diocèse de Vannes et toute la Bretagne, depuis 1625, avec l’apparition de sainte Anne, grand-mère maternelle de Jésus-Christ, à Yvon Nicolazic.
Joachim est représenté avec deux colombes dans un petit panier, offrande rituelle lorsqu’il vient présenter à Dieu dans le temple un enfant premier-né, Marie. Anne conduit la jeune Marie dans le Temple où elle va se consacrer à Dieu dans la prière. Elle a déjà enseigné à l’enfant l’histoire du peuple de Dieu et l’attente du Messie. Ce vitrail rappelle que la transmission de la foi se fait par la famille.
SAINT MICHEL ARCHANGE TERRASSANT LE DRAGON.

St Michel est l’archange protecteur des fidèles de Dieu. De sa lance portant une croix, il contrôle Satan dans son œuvre de mort et l’empêche de nuire. Satan est représenté avec un visage et un corps humain. C’est une représentation comme celle que l’on voit au Mont St Michel ou à St Michel Mont Mercure en Vendée.
NOTRE DAME DE LA SALETTE

La Vierge Marie est apparue le 19 septembre 1846 à deux enfants bergers, Maximin et Mélanie, dans les alpages au-dessus du village de la Salette, en Isère. Après 5 ans d’une enquête rigoureuse, en 1851, l’évêque du lieu reconnaît l’authenticité de l’apparition.
Les apparitions de la Vierge Marie à Lourdes seront plus tardives en 1858, et la reconnaissance officielle se fera en 1862.
Le culte de la Vierge Marie se développe alors dans tous les diocèses de France. L’église de Vendrennes est l’une des premières églises à vénérer Notre Dame de la Salette.
L’ASSOMPTION DE LA SAINTE VIERGE. (1868)

Le dogme de l’Assomption ne sera proclamé par le pape Pie XII que le 1er novembre 1950. Mais le peuple chrétien en Occident vénère la montée au ciel de Marie bien avant la proclamation du dogme. En Orient, cette même réalité est vénérée sous le nom de dormition de Marie.
Le peintre s’inspire du tableau de Raphaël relatant la transfiguration de Jésus, avec les tons bleus du ciel et du manteau de la Vierge Marie, puis la lumière jaune venant d’un ciel qui s’ouvre pour l’accueillir. Deux anges l’accompagnent, l’un avec la couronne (gloire), l’autre avec le lys (pureté), puis un groupe d’angelots qui chantent la beauté de Marie.
L’OBOLE DE LA VEUVE.

Dans le temple de Jérusalem, Jésus est avec ses disciples ; il remarque les croyants qui viennent dans le Temple et versent leur offrande. Une famille riche, avec un mari majestueux, son épouse et leur fille, tous bien vêtus, a donné généreusement une offrande consistante. Vient ensuite une veuve vêtue de noir, avec deux jeunes enfants. Le plus grand, un garçon, est habillé à la manière du XIXème siècle, avec une barboteuse. Le plus jeune est enveloppé d’un tissu. Jésus dit à ses disciples : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. » Mc 12, 43-44
Ces deux grands tableaux, « L’Assomption de la Vierge Marie » et « L’obole de la veuve » sont l’œuvre de Paul Tillier, né le 29 novembre 1834 au Boupère et mort à Paris le 10 octobre 1913.
Voici le courrier que l’artiste a adressé le 14 février 1906 au curé de Vendrennes :
« Monsieur, j’ai l’honneur de vous rappeler que les deux tableaux qui sont dans l’église de Vendrennes lui ont été offerts gratuitement par moi, Paul Tillier, et que j’en revendique la propriété. Ces deux tableaux représentent l’un : le denier de la veuve, l’autre : l’Assomption de la Sainte Vierge. Je laisserai ces deux toiles dans l’église de Vendrennes tant qu’elle sera affectée au culte catholique. Elles devront m’être rendues si l’église se trouve un jour entre les mains des ennemis de notre religion…» (Arch. Paroi. IV).
Le TYMPAN

Le TYMPAN d’une église est une décoration, souvent un bas-relief, au-dessus de la porte d’entrée qui indique ce que l’on va rencontrer en entrant dans l’église.
À Vendrennes, sur le tympan, on voit le Christ en majesté, assis sur un trône, la main droite avec deux doigts levés, signe de l’enseignement qu’il délivre, la main gauche présentant le livre de la Bonne nouvelle.
Autour du Christ, quatre figures qui représentent les quatre évangélistes :
- en haut à gauche St Luc représenté par un visage humain,
- en bas à gauche, St Marc représenté par un lion,
- en bas à droite, St Matthieu représenté par un taureau,
- en haut à droite, St Jean représenté par un aigle.
Ces représentations des évangélistes sont apparues dès le IVème siècle en reprenant la vision des Quatre Vivants autour du trône du Fils de l’Homme dans le prophète Daniel.
Pour les chrétiens, entrer dans une église, c’est se disposer à écouter la Parole de Dieu toujours actuelle, destinée à les rendre plus vivants.
